Micro-entreprise : 653 000 créations en neuf mois, des règles qui bougent
L’Insee recense 653 316 micro-entreprises créées de janvier à septembre 2026. Acre réduite, facture électronique, prélèvement par les plateformes : voici ce qui change pour ces nouveaux indépendants et où trouver de l’aide gratuite.
Entre janvier et septembre 2026, 653 316 micro-entreprises ont été créées en France, selon l’Insee, contre 560 280 sur la même période de 2025, soit une progression d’environ 16,6 %. Ces nouveaux indépendants se lancent pendant que leur régime évolue : Acre moins avantageuse depuis le 1er juillet, obligation de recevoir des factures électroniques depuis le 1er septembre, prélèvement des cotisations par les plateformes au 1er janvier 2027. Si vous venez de démarrer ou comptez le faire d’ici la fin de l’année, ces trois échéances doivent entrer dans votre organisation dès les premières semaines.
Une vague de créations portée par la micro-entreprise
Les chiffres publiés par l’Insee le 16 octobre 2026 confirment une dynamique exceptionnelle. Sur les neuf premiers mois de l’année, 971 803 entreprises ont vu le jour en données brutes. Les micro-entrepreneurs en représentent environ 67 %, soit deux créations sur trois.
Le mois de septembre a marqué un record absolu : 119 307 créations en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables, le plus haut niveau depuis le début des mesures de l’Insee, en janvier 2000. Ce pic ne doit toutefois rien aux micro-entrepreneurs. Leur nombre a reculé de 1,6 % sur un mois, à 78 880, après une forte hausse en août. Ce sont les sociétés (+5,0 %) et surtout les entreprises individuelles classiques (+11,6 %) qui ont tiré le mois vers le haut.
Sur le trimestre juillet-septembre, comparé à la même période de 2025, les créations de micro-entreprises progressent de 18,6 %. Le soutien aux entreprises est le secteur qui contribue le plus à la hausse, notamment le nettoyage courant des bâtiments, devant le commerce et l’information-communication, en bond de 55 %. Les chiffres d’octobre seront publiés par l’Insee le 18 novembre 2026 à 8h45.
Acre : une exonération divisée par deux
Premier changement, et le plus concret pour votre trésorerie : l’aide aux créateurs et repreneurs d’entreprise (Acre) a été rabotée. Le décret n° 2026-69 du 6 février 2026, pris en application de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, ramène l’exonération de cotisations de 50 % à 25 % pour les micro-entreprises créées ou reprises à partir du 1er juillet 2026.
En pratique, si vous avez immatriculé votre micro-entreprise après cette date, vous réglez 75 % des cotisations normales pendant la période couverte par l’Acre, contre la moitié auparavant. Pour les entrepreneurs individuels au régime classique et les sociétés, la réforme s’applique depuis le 1er janvier 2026. Un point de procédure reste décisif : la demande doit être déposée au plus tard le 60e jour suivant le début de l’activité. Passé ce délai, l’aide est perdue.
Cette baisse peut aussi rouvrir la question du statut. Si vous hésitez encore, notre guide pour choisir entre micro-entreprise et société détaille les critères à comparer.
Facture électronique : le moratoire n’a pas survécu
Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises, micro-entrepreneurs compris, doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques. À partir du 1er septembre 2027, les TPE, PME et micro-entreprises devront aussi en émettre pour leurs opérations avec d’autres entreprises établies en France et assujetties à la TVA.
Le 3 novembre 2026, l’Assemblée nationale avait pourtant adopté, dans le projet de budget 2027, un amendement de La France insoumise soutenu par le RN. Il dispensait des deux obligations les auto-entrepreneurs, TPE, PME et agriculteurs tant qu’un portail public et gratuit de facturation ne serait pas opérationnel, sans date de fin. Selon Clubic, ce répit n’a duré qu’une journée : le rejet de la partie recettes du budget en séance, le 4 novembre au soir, a fait tomber le dispositif. La suite de la procédure parlementaire reste à suivre, mais en l’état, le calendrier ne change pas.
Attention donc aux informations contradictoires qui circulent encore : la chronique d’Aurore Dupré publiée par le JDN le 5 novembre présente toujours l’amendement comme adopté. Pour organiser votre mise en conformité, consultez notre dossier sur ce que les TPE doivent préparer pour la facturation électronique.
Plateformes : les cotisations prélevées à la source en 2027
Troisième évolution, qui concerne les indépendants passant par des plateformes numériques. Au 1er janvier 2027, ces dernières devront calculer et prélever les cotisations sur le chiffre d’affaires réalisé par leur intermédiaire, à partir du taux communiqué par l’Urssaf, déclarer chaque mois ce chiffre d’affaires et reverser les sommes prélevées. La Fnae cite notamment Uber, Deliveroo, Malt et Airbnb parmi les plateformes concernées.
Le montant des cotisations ne change pas : les taux restent ceux de tous les auto-entrepreneurs, selon votre activité. En revanche, vous n’avez plus à déclarer vous-même les revenus passés par la plateforme, et vous pouvez vérifier ses déclarations dans votre espace sur le site de l’Urssaf. Le chiffre d’affaires réalisé en direct auprès de vos clients reste à déclarer comme avant. Huit plateformes volontaires testent déjà le dispositif depuis le 1er avril 2026, selon l’Adie.
Le calendrier à retenir
| Date | Mesure | Qui est concerné |
|---|---|---|
| 1er juillet 2026 | Acre ramenée à 25 % d’exonération | Micro-entreprises créées ou reprises |
| 1er septembre 2026 | Réception obligatoire des factures électroniques | Toutes les entreprises |
| 1er janvier 2027 | Prélèvement des cotisations par les plateformes | Micro-entrepreneurs passant par une plateforme |
| 1er septembre 2027 | Émission obligatoire des factures électroniques | TPE, PME, micro-entreprises (B2B, TVA) |
Ce qu’il faut faire dès maintenant
- Si vous avez démarré récemment, vérifiez que votre demande d’Acre a été envoyée dans les 60 jours suivant le début d’activité.
- Recalculez vos cotisations prévisionnelles avec une exonération de 25 % si votre création date d’après le 1er juillet.
- Choisissez une plateforme agréée pour recevoir vos factures électroniques, et anticipez l’émission prévue en septembre 2027.
- Si vous travaillez via une plateforme, identifiez la part de votre chiffre d’affaires qui sera déclarée par elle et celle qui restera à votre charge.
Vers qui se tourner pour être accompagné
Dans sa chronique, Aurore Dupré défend l’idée que la qualité de l’accompagnement des premiers mois compte davantage que le volume d’immatriculations. Elle avance qu’environ 39 % des micro-entrepreneurs sont encore actifs après cinq ans, avec un gain de survie de 7 points pour ceux qui ont bénéficié de conseils, des chiffres qu’elle attribue à l’Insee.
Plusieurs acteurs publics ou associatifs diffusent gratuitement des informations à jour sur ces changements : le portail auto-entrepreneur de l’Urssaf, Bpifrance Création, Entreprendre Service Public, l’Adie, les chambres de commerce et d’industrie, ou encore la Fnae pour les indépendants des plateformes. Si votre projet nécessite un financement de départ, un prêt d’honneur bien préparé peut aussi vous faire entrer dans un réseau d’accompagnement.
Sources
- JDN Management, chronique d’Aurore Dupré
- Insee, Informations rapides n° 249
- Entreprendre Service Public, actualité A18795
- Légifrance, décret n° 2026-69 du 6 février 2026
- Cegid, calendrier de la facture électronique
- Le Bâtiment Performant
- Batiweb
- Clubic
- Urssaf, portail auto-entrepreneur
- Bpifrance Création
- Adie
- Fnae