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Journal Entreprendre

Rembourser son PGE : les solutions avant la date butoir du 31 décembre

L’État prévoit un milliard d’euros de plus pour honorer sa garantie sur les PGE non remboursés. Pour les dirigeants en difficulté, une fenêtre se referme fin 2026 : étalement de 2 à 4 ans via la Médiation du crédit, garantie maintenue.

Par La rédaction

5 min de lecture

Photo : Wesley Tingey sur Unsplash

Le gouvernement a présenté le 4 novembre 2026 en Conseil des ministres son projet de loi de finances de fin de gestion (PLFG), qui ajoute 1,0 milliard d’euros pour payer les banques lorsque des entreprises ne remboursent pas leur prêt garanti par l’État (PGE). Ce signal confirme que les défaillances progressent parmi les entreprises soutenues pendant le Covid. Pour un dirigeant qui doit encore des échéances et peine à suivre, l’enjeu est ailleurs : le dispositif qui permet d’étaler un PGE en conservant la garantie publique prend fin le 31 décembre 2026, soit dans moins de deux mois.

Ce que prévoit le budget rectificatif

Porté par Roland Lescure, ministre de l’Économie, et David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, le texte ouvre 1,0 milliard d’euros sur la mission « Engagements financiers de l’État ». Objectif affiché : faire face à des appels en garantie plus importants que prévu au titre des PGE. Ces crédits s’inscrivent dans une enveloppe totale de 3,7 milliards d’euros, compensée par des annulations, pour un solde net de -0,1 milliard.

Précision importante : il s’agit d’un projet de loi. Le Parlement doit encore l’adopter. Surtout, la mesure ne crée ni aide nouvelle ni démarche pour les entreprises. Elle permet seulement à l’État de tenir sa promesse envers les banques, à qui il garantit jusqu’à 90 % du montant prêté.

Un dérapage qui se répète

Le budget initial 2026 ne prévoyait que 471 millions d’euros pour couvrir les défauts sur PGE. L’ajout fait donc plus que tripler l’enveloppe. Ce n’est pas une première.

Indicateur Montant
Prévu pour les appels en garantie PGE en 2026 471 M€
Ajout du PLFG 2026 +1,0 Md€
Prévu en 2025 571 M€
Appels en garantie constatés en 2025 environ 1,1 Md€
Total déjà versé par l’État (fin octobre 2025) 5,7 Md€
Restant à rembourser (fin août 2025) 22,8 Md€ sur 145,2 Md€ accordés

Dans son rapport sur le budget 2026, le Sénat relevait que le Trésor qualifiait déjà ses prévisions de « prudentielles », la sinistralité restant « complexe à évaluer ». Le Trésor anticipe 3,8 milliards d’euros de pertes nettes sur la période 2020-2028, une fois déduites les primes de garantie payées par les entreprises. La Banque de France, de son côté, décrit un ralentissement lié à la crise au Moyen-Orient et une hausse des défaillances d’entreprises.

Qui est concerné ?

Sont visées les entreprises qui ont encore un PGE en cours et voient leur trésorerie se tendre : baisse d’activité, hausse des coûts de l’énergie, clients qui paient en retard. Fin août 2025, environ 15,7 % des sommes empruntées restaient à rembourser, ce qui laisse de nombreuses TPE et PME avec plusieurs années d’échéances devant elles.

Les plus petites structures sont en première ligne. Selon la Banque de France, 86 % des demandes adressées à la Médiation du crédit proviennent de TPE de moins de 11 salariés. Les services (52 %) et le commerce (22 %) dominent, devant l’industrie (12 %), la construction (10 %) et l’agriculture (4 %).

La Médiation du crédit, la porte d’entrée

L’accord de place signé le 19 janvier 2022 par Bercy, la Banque de France, l’IEDOM-IEOM et la Fédération bancaire française permet aux TPE et PME en difficulté de rééchelonner leur PGE avec l’appui de la Médiation du crédit. Concrètement :

  • le PGE peut être allongé de 2 à 4 ans par rapport à l’échéancier initial ;
  • la garantie de l’État est conservée, ce qui rassure la banque ;
  • les autres crédits bancaires de l’entreprise sont réaménagés en même temps.

La médiation est gratuite, confidentielle et présente dans chaque département, sous la conduite des directeurs départementaux de la Banque de France. Elle peut aussi obtenir un report d’échéances ou le maintien d’une ligne de crédit. Le médiateur s’engage à contacter l’entreprise dans les 48 heures. Près de 60 % des dossiers jugés éligibles aboutissent à une solution. Au premier semestre 2026, 2 594 emplois ont été préservés dans 231 entreprises.

Le dispositif reste pourtant sous-utilisé : les restructurations de PGE représentent moins de 8 % des demandes au premier semestre 2026, et la Banque de France regrette que les dirigeants frappent à sa porte trop tard, quand leur situation est déjà trop dégradée.

Ce qu’il faut faire d’ici au 31 décembre

L’accord de place a été prolongé jusqu’au 31 décembre 2026. À ce jour, aucune prolongation au-delà n’a été annoncée officiellement. Si vous anticipez des difficultés sur vos prochaines échéances, ne tardez pas.

  1. Chiffrez votre besoin. Projetez vos encaissements et décaissements sur les mois à venir pour mesurer l’écart avec vos échéances. Un plan de trésorerie sur 12 mois donne une base solide à la discussion.
  2. Parlez d’abord à votre banque. Un réaménagement négocié directement reste souvent la voie la plus rapide. Venez avec des chiffres, pas seulement une demande.
  3. Saisissez la Médiation du crédit en cas de blocage. La demande se fait en ligne sur le site de la Banque de France, qui met à disposition une fiche d’éligibilité spécifique aux PGE et un mode d’emploi.
  4. Faites-vous accompagner. Votre expert-comptable peut préparer le dossier. Si la médiation ne suffit pas, les procédures de prévention ouvertes auprès du tribunal de commerce constituent l’étape suivante, à examiner avec un avocat.

Ce que vous risquez réellement

La garantie de l’État protège la banque, pas l’emprunteur : elle n’efface pas la dette. Une entreprise qui cesse de payer s’expose aux mêmes conséquences que pour tout autre crédit impayé, jusqu’à l’ouverture d’une procédure collective si la situation devient irrémédiable. C’est précisément ce scénario que la hausse des appels en garantie traduit dans les comptes publics.

À l’inverse, un étalement obtenu avant la fin de l’année permet de réduire le montant des échéances tout en conservant la garantie, sans que l’entreprise soit pénalisée par ce choix de gestion. Passé le 31 décembre, et faute d’annonce contraire, cette solution encadrée ne sera plus disponible. Pour les dirigeants qui hésitent, le calendrier plaide pour agir maintenant plutôt qu’au premier impayé.

Sources

Article préparé par la rédaction avec des outils d’IA, à partir des sources citées, puis contrôlé (sources, liens, structure). Notre méthode. Une erreur ? Écrivez-nous.